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La création des chemins de fer et celles de lignes reliant divers provinces, villes et pays est intimement liée aux besoins économiques.

La ville de Limoges, capitale du Limousin, était une des 10 villes les plus développées de France au 19è siècle. Elle fut atteinte par le chemin de fer dès 1856.

Outre les diverses productions industrielles ( chaussures, draps, imprimerie,..) la porcelaine occupait dès 1765 une grande place dans la production. 10 000 salariés étaient employés seulement à Limoges dans les manufactures de porcelaine à la fin du 19è siècle.

L'arrivée du chemin de fer fut âprement défendue par la municipalité et la Chambre de Commerce, réclamant une gare dans le centre de la ville, ce qui n'était pas toujours le cas dans d'autres villes qui craignaient l'installation d'ouvriers lors de l'aménagement des gares et ensuite dans les nouveaux quartiers populaires autour de ces gares.

L'expansion et la renommée grandissante de la porcelaine de Limoges dans le mondre rendait nécessaire l'arrivée imminente du chemin de fer pour exploiter les retombées du commerce extérieure et permettre une approche des ports de l'Atlantique car la porcelaine de Limoges s'exportait déjà de mieux en mieux aux États-Unis.

Une autre retombée "involontaire" du chemin de fer sur l'industrie porcelainière fut l'importation de charbon. Les fours de 1400° nécessaire à la cuisson de la porcelaine dure utilisaient le bois du Limousin depuis la fin du 18è siècle, transporté par flottage sur la Vienne, d'où la présence du port de Naveix à Limoges. Cela eut pour conséquence la dévastation des forêts. En outre la conduite du feu qui doit être impérativement la plus régulière n'était pas facile avec le bois. La construction de fours à charbon se généralisa grâce au chemin de fer qui permît l'importation du meilleur charbon français.

Les manufactures se développèrent tant que des centaines de cheminées crachaient des lueurs rouges la nuit ( les fours devaient chauffer durant plusieurs jours lors d'une cuisson de centaines de pièces), donnant ainsi le surnom de "Limoges la rouge". D'aucuns considèrent que ce surnom vient aussi de la radicalisation ouvrière propre à la classe ouvrière limougeaude et surtout à celle des manufactures porcelainières.

Il reste un dernier magnifique témoin de ces fours dits à globe, le four des Casseaux dans l'ancienne manufacture Royale de Limoges sur les bords de la Vienne à Limoges.

A Saint-Léonard, l'implantation de la porcelaine n'attendit pas l'arrivée du chemin de fer en 1881. Car dès les années 1810, Pouyat créa une manufacture qui fit la renommée du "blanc" de Limoges, donnant son nom au "blanc de Pouyat". Aujourd'hui, elle abrite les Porcelaines Coquet, très célèbres.

Mais le chemin de fer accéléra l'industrialisation de la Vallée.

Au gré de la fermeture progressive et de leur modernisation des manufactures, il reste 2 entreprises porcelainière à Saint-Léonard et un certain nombre à Limoges.

Nous vous donnons ci-dessous une photo d'un prospectus réalisé par les Porcelaine Carpenet. Il vous apportera quelques explications sur les procédés. La manufacture est visitable chaque jour.

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