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Nos collections de matériels réels Nos projets & Travaux en cours Nouveaux thèmes de jazz en MP3 Contact-Ouverture & Tarifs et horaires TER de Limoges à St Léonard Le musée est ouvert GPS: N 45°50'01" S 1°29'24" Tourisme local- Train à vapeur Mis à jour le 10/07/2010 Revue Historail de la Vie du Rail Avec le soutien Direction Régionale de la SNCF de Limoges et les financements de
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Bout d' Rail joue du saxo et swingue ! Voici quelques thèmes du CD réalisé avec Jean Peron Garvanoff au bénéfice d'HistoRail Bout d'Rail écoute la radio Swing Fm de Limoges ! Pourquoi avoir choisi le Jazz à la création HistoRail ? Nous voulions aszsocier un thème culturel pour animer la Vie artistique d'HistoRail; nous avons choisi le jazz, encore jamais utilisé en France par un musée ferroviaire. Car le jazz est intimement lié au chemin de fer, ne serait-ce qu'au travers du boogie-woogie et de nombreux jazzmen passionnés par les chemis de fer. Voici des textes rédigés pour le livret du CD " Really the Boogie" qui expliquent cette aventure jazzistique de notre musée. Le jazz, les chemins
de fer, HistoRail.... Une aventure peu commune ! L'apparition du
dernier disque de Jean Peron-Garvanoff avec Moustache, "Roule Train Blues",
allait déclencher une idée originale : marier ce nouveau musée ferroviaire avec le
jazz. Admirant Claude
Bolling depuis la fin des années 60, grâce aux articles de Loco-Revue , je pensais que
ce musée HistoRail pouvait proposer à Claude d'être à son président d'honneur
fondateur. J'ai reçu son accord pour inaugurer la première salle de 270 m² le 2 juillet
1988, prête après seulement 10 mois de travaux bénévoles intenses et fous ! Jean Perron Garvanoff,
coprésident d'honneur était présent lui aussi. Ma rencontre avec Jean remonte à
février 1988. Je lui présentais l'aventure d'HistoRail. Passionné de trains, il
s'enflamma pour cette "folie" muséale et me proposa de dédier un disque à
HistoRail et aux chemins de fer. Pour ce pénétrer
intensément de l'atmosphère cheminote, Jean souhaita donc prendre ses vacances en
famille dans une gare, celle de Châteauneuf-la-Forêt. La renommée de Jean s'étendit
rapidement chez les cheminots du Limousin. C'est dans cet égard que j'en découvris le
cheminot-guitariste Patrick Sautour, avec qui il composa le 141TD 740 boogie. Le projet de disque
prenait corps, dans l'ambiance d'une véritable épopée. Un train à vapeur, tracts et
par la 141TD 740, appartenant au chemin de fer Périgord-Quercy, roulant le 23 juillet
1988. Dans la voiture-bar, nous avions installé un piano. Radio France Limoges y avait
installé un studio d'enregistrement. Une liaison radio synchronisait les débuts de blues
avec des coups de sifflet et des bruits d'échappement de la locomotive. Le soir, un récital
surréaliste fut donné à la gare de Saint-Léonard sous les trombes d'eau et les
éclairs de l'orage. Les musiciens et le studio de Radio France Limoges était hébergé
dans un wagon aménagé par le service régional de la communication de la SNCF, formant
ainsi une scène. En face, les gradins désertés s'illuminaient sous les éclairs. Le
public, conquis par l'insolite, avait trouvé refuge dans des wagons à bestiaux du
bovins-express qu'avait ouverts le chef de gare, est placé sur une voie parallèle ! On
peut dire que ce fut un vrai " boeuf". Cette improvisation ne
permit pas de réaliser un excellent disque, à moins de se satisfaire d'un disque
souvenir. La décision fut donc prise de faire un enregistrement en numérique, ce que
nous réalisâmes début mai 1990, aux studios de Radio France Limoges. L'aventure s'est
poursuivie jusqu'à la production de ce disque. Plus de deux années d'efforts, de doute
quelquefois ; mais la passion et la foi nous animant, l'objectif est atteint. Je vous convie donc à
commencer ce voyage musical. Laissez-vous emporter : les boogies, les blues
s'enchaîneront pour vous nous emmener peu à peu vers d'autres horizons musicaux ou le
rêve vous entraîne. Qui niera alors que le
jazz va à un train d'enfer ! Jacques Ragon Président-fondateur
d'HistoRail Janvier 1991 _______________________________ Souvenirs ferroviaires par Jean
Peron-Garvanoff Je garderai toute mon
existence le souvenir incomparable de mes premières rencontres avec le chemin de fer.
C'était à la campagne. Très souvent, ma grand-mère maternelle emmenée tôt le matin,
jusqu'à la gare de Beaumont-Böesse, distante de plusieurs kilomètres de notre lieu
d'habitation. Frileusement installé
en poussette d'enfant, je voyais le spectacle de la nature se dérouler devant moi. Le
soleil se levait et me donnait l'impression d'être une grosse boule au rose, posée au
bout du monde. Sa présence illuminait et réveillait le paysage engourdi. Alors, tout au bout de
la plaine que nous traversions en empruntant un chemin entouré de champs de tabac,
j'entendais, accompagnant les bruissements de la nature, la respiration puissante des
locomotives, et j'observais les panaches de fumée qui formait des fugitifs poèmes au
passage des trains. Le soir, avant de me coucher, j'ai dessiné des locomotives sur des
feuilles de cahier que j'ai fixé ensuite avec un sérieux appliqué sur les murs de ma
chambre. Et puis, je rêvais, avant même d'endormir. Combien le temps qui
défilait alors me semblait agréable, avait un sens profond, justifiait la présence
ici-bas, et mes lendemains. Mon oncle Georges
était poseur de voies à l'entreprise Drouard. Ébloui par sa prestance, je n'osais pas
lui adresser la parole. Quand il venait me voir, c'était un grand jour et j'attendais
patiemment le moment où la conversation le porterait à parler de son travail. Quand cela
se produisait, j'écoutais avec une telle attention que le monde s'évanouissait autour de
moi. Ma grand-mère, "
la mère Dumont" m'avait appris un matin que les locomotives fonctionnaient avec de
l'eau que l'on faisait chauffer. Cela m'avait fortement impressionné et donné un sujet
d'intense matière à réflexion. Je regardais les jours suivants à la cuisine, posées
sur le fourneau, les casseroles, la vapeur d'eau qui s'en échappait et ma grand-mère
avec étonnement. J'ai aussi, gravé
dans ma mémoire, un jour magique où, à la Gare de Lyon, mon père m'avait accompagné
jusqu'à la locomotive qui attendait, en retenant son souffle, l'heure du départ de notre
train. C'était la première fois que je voyais une locomotive d'aussi près. L'émotion
qui mavait saisie était tellement forte, à ce moment-là, que la notion du temps
s'était évanouie de mes pensées. Mon père avait demandé la permission au mécanicien
de me faire monter à l'intérieur de la cabine de conduite. Celui-ci accepta et ouvrit le
foyer de la locomotive : un rayonnement d'une intense chaleur m'enveloppa et m'étourdit. La vie était pour moi
à cette époque d'un grand intérêt. Je n'oublierai jamais
ce dimanche 17 juin 1973 annonçant le début de l'été. Le Cercle Ouest Parisien
d'Etudes Ferroviaires (COPEF) avait organisé l'ultime voyage de la 241 P9, avant sa
retraite à Guîtres, près de Bordeaux. Je m'étais inscrit avec mon épouse afin que
nous puissions prendre place auprès des fidèles qui accompagneraient cette locomotive
pour un voyage si triste et si beau. Au départ de Paris,
une CC 6500 devait emporter le train spécial de la gare Montparnasse, jusqu'au Mans où
la rencontre avec la 241 P9 devait se réaliser. Dès notre arrivée au
Mans, je fus saisi par un trouble intense que je m'efforçai de contenir. Il me semblait
que mes pieds ne touchaient pas le sol en marchant et que je m'enfonçais dans le vide.
Tout au bout du quai, la 241P9 était là, enveloppée de vapeur et de fumée, comme
sortant d'un rêve. Je me rappelle qu'un enfant dit à son père :" tu sens la
fumée", et le père lui répond avec un ton sévère :" ça sent bon". Je
m'approchais de la machine et, à son contact, j'étais devenu brusquement un élément
intégrant de la nature, de l'avis, au-dessus des pensées. À l'heure indiquée
pour le départ, la 241P9 emporta à travers la campagne normande le train tout son
dernier voyage. Tout au long du parcours, des femmes agitaient des mouchoirs en signe
d'adieu. J'avais la gorge serrée. Il y eut plusieurs arrêts en cours de route et à
chaque fois nous descendîmes des wagons pour venir à l'avant du train salué celle qui
avait cours de sa brillante carrière honoré dans la mémoire collective des hommes, la
Société Nationale des Chemins de fer Français. Au retour du Mans, la
241P9, après avoir émis un sifflement déchirant, s'éloigna avec le jour couchant du
train spécial en direction du dépôt. Quelques fidèles s'étaient accrochés en grappes
sur le tender de la machine qui finissait sa course. Alors, serrés les uns contre les
autres sur le quai, sans dire un mot, les larmes aux yeux, le cur blessé, nous
avons pris la direction du retour. En 1988,un merveilleux
fou roulant, Jacques Ragon, m'invita à inaugurer un musée ferroviaire dont il était le
président-fondateur. Il s'agissait de l'HistoRail, nom donné à ce musée situé près
de Limoges, à Saint Léonard de Noblat. Mon séjour et celui
de ma famille se prolongea au cur de cette région. Jacques Ragon avait obtenu une
autorisation des responsables régionaux de la SNCF pour que je loge pendant un mois à la
gare de Châteauneuf-la-Forêt. Cette gare de style authentiquement Paris-Orléans (PO) se
distingue par la présence de sa magnifique grue à eau servant à approvisionner le
tender des locomotives. Un piano, prêté par
la municipalité de Châteauneuf, fut installé à l'intérieur d'un petit bâtiment
situé tout près des voies. Les mécaniciens et chefs de train venaient m'y rencontrer
avec le responsable de la gare. Parfois les trains prenaient un léger retard. Jour et
nuit, j'allais et venais, m'imprégnant de la nature même des lieux, écoutant les
silences et discernant les bruits. Un élan irrésistible mentraînait. Ma vie s'était
transformée. Le pianiste cheminot de la petite gare de la ligne de Limoges à Ussel qui
traverse la magnifique vallée escarpée de la forêt limousine portait le titre enviable
d'homme le plus heureux du monde. J'aime marcher le long
d'une voie ferrée quand le soleil termine sa course à l'extrémité de l'horizon.
J'espère, au fur et à mesure que je m'éloigne, atteindre un lieu de rassemblement des
pensées où je pourrais revoir ma grand-mère Dumont, la 221 P9. Alors seulement, et par
ces retrouvailles, j'arriverai enfin à mettre un terme à mon bonheur inachevé. Jean Peron-Garvanoff Janvier 1991. |